Historique de la communale

Les grandes lois scolaires

L'école que nous connaissons tous est issue d'un long processus de civilisation.

En son temps, Charlemagne ne faisait que tenter de sauvegarder un système légué par la culture romaine.

Pendant toute la période médiévale, l'instruction sera dispensée essentiellement par l'Eglise, à titre de charité pour les masses populaires.

C'est au XVIIème siècle qu'a lieu le tournant décisif. Un réseau de « petites écoles » de village se consolide peu à peu sur l'ensemble du territoire. Les prêtres y dispensent les rudiments : lire, écrire, compter.

En 1763, le parlementaire La Chalotais parle « d'éducation nationale » et envisage l'enseignement de masse.

C'est la Révolution qui met en place - au moins dans les textes - un système scolaire laïque et unifié. Les années 1790 sont enthousiastes : la Constitution pose le principe d'une instruction publique, gratuite et commune à tous les citoyens. 25 projets sont élaborés en six ans ! Condorcet propose même la...laïcité.

L'école est déclarée obligatoire en 1793. Un vaste plan pour la construction de 23000 établissements scolaires dans tout le pays, reste, hélas, à l'état de projet !...

Sous l'Empire, Napoléon concentre ses efforts sur l'enseignement secondaire : les lycées sont créés en 1802.

Par contre, l'école élémentaire est abandonnée aux initiatives locales. En 1804, les congrégations religieuses font leur retour. Les espoirs de laïcisation sont anéantis. La Restauration monarchique qui suit le désastre impérial laisse l'école primaire dans l'obscurité. L'instituteur est sous le contrôle du prêtre. L'ordre moral qui s'instaure va jusqu'à condamner la mixité, en 1818.

Après ces tentatives de retour en arrière, la bourgeoise et industrieuse Monarchie de Juillet (1830-48), relance la politique d'instruction nationale. La loi Guizot de 1833 oblige chaque commune de plus de 500 habitants à entretenir une école de garçons. Chaque département devra se doter d'une école normale pour la formation des maîtres. Le pas en avant est significatif.

La fameuse loi Falloux de 1850, si elle renforce l'emprise de l'Eglise sur l'école primaire, encourage l'instruction des filles et augmente le traitement des instituteurs. Victor Duruy, quelques années plus tard, envisage la gratuité totale. Grâce à la politique volontariste de ce ministre, le nombre des écoles de filles progresse sensiblement ainsi que les cours d'adultes.

L'héritage est donc important lorsque les républicains parviennent au pouvoir en 1879. Appliquant un ambitieux programme , Jules Ferry et les siens, dotent la France, en quelques années, d'une solide institution scolaire. L'instruction sera gratuite (1881), obligatoire et laïque (1882). L'entre deux guerres est une période de constants progrès: reconnaissance des syndicats d'enseignants (1924), gratuité du secondaire (1930), prolongation de la scolarité jusqu'à 14 ans (1936)...La parenthèse du gouvernement de Vichy ne pourra briser l'élan. Après la Libération, le pays continue de démocratiser l'enseignement.

En 1959, l'obligation scolaire est repoussée à 16 ans. Les C.E.S. (collèges d'enseignement secondaires ) voient le jour en 1964. Cinq ans plus tard, le samedi après-midi est libéré pour tous les écoliers.

En 1972, le jour de congé hebdomadaire est reporté du jeudi au mercredi. La mixité devient obligatoire en 1975, dans tous les établissements publics.

En une dizaine d'années, l'école a changé de visage...

Les Zones d'Education Prioritaires sont mises en place en 1982, afin de faire face aux difficultés croissantes dans les quartiers défavorisés. En 1989 enfin, Lionel Jospin remplace les mythiques écoles normales par les Instituts Universitaires de Formation des Maîtres. Une nouvelle ère commence.

Jules Ferry (1832-1893)

Le nom de Jules Ferry évoque les principes fondamentaux qui régissent l'école en France : gratuité, obligation et laïcité. Issu d'une famille de la grande bourgeoisie provinciale, né en 1832 à Saint Dié, avocat en 1851, élu député en 1869, le vosgien est féru d'histoire et de philosophie. II se fait connaitre par la publication de son pamphlet au titre ravageur « Les comptes fantastiques d'Haussman » dans lequel il fustige la gestion douteuse des plans d'urbanisation du célèbre baron.

Son destin prend forme après le désastre de Sedan. L'effondrement du pays le marquera à jamais.

Ferry est convaincu de la responsabilité de l'école dans la défaite. « Avant de faire une France grande, pensons une France une, refaisons l'union de tous les francais». La connaissance de la langue, du passé national, I'amour du sol natal, de la République seront ses grandes préoccupations.

De 1879 à 1885, Ferry va occuper les sphères supérieures du pouvoir en tant que ministre de l'instruction ou président du Conseil. Les lois qu'il fera appliquer consacrent l'école républicaine. Le gouvernement qu'il dirige sera renversé le 30 mars 1885 suite à l'intervention au Tonkin. Jules Ferry mourra en 1893, ne se remettant jamais complètement de l'attentat dont il fut victime six ans plus tôt.

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